JOE LOUIS WALKER: Hornet’s Nest (2014)



Joe Louis Walker n’a plus rien à prouver. Il a sorti plus d’une vingtaine d’albums. Il a joué avec les plus grands bluesmen (dont John Lee Hooker et Otis Rush), il a côtoyé Jimi Hendrix et a été le meilleur pote de Mike Bloomfield. Il a aussi été bon copain avec Stevie Ray Vaughan. Et cette vie trépidante ne l’empêche pas de nous envoyer un dernier album bien charpenté, avec la présence de Reese Wynans (clavier de Stevie Ray), dont voici les points forts. Dès le début « Hornet’s Nest », proche du blues rock, cartonne bien avec son solo débridé. Nous sommes ensuite charmés par le mélodique et très soul « All I Wanted To Do », légèrement dans le style de Southside Johnny, soutenu par la section de cuivres Muscle Shoals et agrémenté d’un solo plein de feeling. « As The Sun Goes Down », une ballade bluesy en mode mineur, nous refait le coup du « The Thrill Is Gone » de BB King tandis que « Stick A Fork In Me » nous ramène à la grande époque du rock n’ roll blues avec un super solo à la Magic Slim. Joe Louis reprend « Don’t Let Go » dans un style rock n’ roll ainsi que « Ride On, Baby » de Jagger et Richards. Ce titre étonne ici mais cette reprise, effectuée avec subtilité, nous montre bien l’éclectisme de l’artiste qui ne s’enferme pas dans un carcan puriste. « I’m Gonna Walk Outside », un blues lent avec une guitare slide tranchante à souhait, vaut également le détour. « Not In Kansas Anymore » lorgne du côté du rock/pop anglais et me fait penser à « S.O.S. » de Dave Edmunds. Surprenant !

Voici donc un album varié avec du blues et beaucoup d’autres choses mais, de toute façon, Joe Louis Walker met du blues dans tout ce qu’il fait. Et il le fait avec talent.

Encore une galette qui fume !

Olivier Aubry